Mahamat Abdou Moussa, 32 ans, a reçu l'appui de l’Union des artisans du Lac. Photo par PNUD Tchad / Aristide Dingamdoum

 

L’insurrection du mouvement Boko Haram dans le nord-est du Nigeria et ses pays voisins du Cameroun, du Tchad et du Niger a fait plus de 10 millions de déplacés au cours des dernières années. Au Tchad, depuis 2014, les autorités locales et les communautés font face à un afflux massif de déplacés et de réfugiés. Les provinces du Lac et du Hadjer Lamis continuent de souffrir de l’insécurité, mais aussi des tensions intercommunautaires et de la pression sur les ressources dans une zone déjà extrêmement pauvre, et où l’accès aux services et aux infrastructures de base est limité.

Parmi les déplacés, 70% sont des femmes et des enfants, sans abris.

À travers le « projet régional de stabilisation intégrée du Bassin du Lac Tchad », le PNUD accompagne le gouvernement du Tchad et les acteurs de la société civile pour renforcer la cohésion sociale et stimuler le développement local afin de venir en aide aux populations vulnérables.  Mis en œuvre depuis 2018, le projet a permis la fourniture de matériels,  la construction de centres multifonctionnels et le financement de plusieurs activités génératrices de revenus des groupements, notamment chez les réfugiés et les déplacés internes.

Parmi les ONG locales et les associations bénéficiaires, nous citons l’Union des Artisans du Lac-Tchad, qui a bénéficié d’un appui de 40 machines à coudre et à souder. Cette organisation met à la disposition les machines aux membres et a mis en place un modèle économique lui permettant de répartir les bénéfices entre les femmes pour initier des activités commerciales rentables et permanentes.

Falmata, Yangana et Mahamat sont bénéficiaires du projet. Ils ont accepté de partager leurs témoignages.

Falmata Mahamat Boukar, bénéficiaire du projet. Photo par PNUD Tchad / Aristide Dingamdoum

 

« Nous habitions le village de Ngouboua lorsque les combattants de Boko Haram sont venus nous attaquer. Ils ont incendié le village et tué certains habitants. Dans la peur, nous avons fui, nos maris d’un côté et nous de l’autre. Depuis cette nuit-là, nous ne savons plus où ils se trouvent. Morts ou vivants, Dieu seul sait.  J’ai quitté le village avec beaucoup d’enfants à ma charge et ce fut très difficile de les nourrir. Par chance, j’ai rencontré l’Union des Artisans du Lac, par le biais de son Secrétaire général, qui nous a pris en charge pendant plusieurs mois.  Avec l’apport du PNUD, l’Union des artisans du Lac nous a octroyé un modeste financement et un local qui nous sert de restaurant et depuis, nous arrivons à subvenir à nos besoins.

C’était ardu pour nous de vivre dans cette situation, loin de nos terres et de nos parents. Mais, en participant aux rencontres hebdomadaires organisées par l’union des artisans du Lac, nous rencontrons des personnes qui nous conseillent et remontent le moral. » Falmata Mahamat Boukar, 40 ans.

 

« Nous étions à Fitina. Une nuit, les éléments de Boko… sont venus brûler le village, semant la débandade. J’avais 7 enfants, ma grande sœur venait d’accoucher trois jours auparavant. Sous nos yeux, son mari a été égorgé. Le mien s’est enfui et je ne l’ai plus revu depuis. Nous avons quitté le village la même nuit à pied pour traverser le fleuve et regagner Bol, trois jours de marche plus tard.

Bol était pour nous, une ville inconnue. Nous n’avions où loger. Nous étions obligés de squatter le marché des mois durant, mes enfants, neveux, nièces et mes sœurs. Plus d’une vingtaine de personnes. Pour survivre, certains de mes enfants se sont adonnés à différentes activités commerciales, car l’aide publique ne pouvait pas nous sortir de notre souffrance.

Ayant été informée de notre présence dans la ville, l’Union des artisans du Lac s’est approchée de nous et nous a apporté son aide. Aujourd’hui, j’ai un petit restaurant qui me permet de subvenir au besoin de mes enfants. Ce n’est pas du tout facile, et cela fait des années que nous vivons dans cette situation, mais maintenant notre vie évolue pour le mieux. » Yangana Tidjani Abatcha, 37 ans.

Mahamat Abdou Moussa. Photo par PNUD Tchad / Aristide Dingamdoum

 

«Je viens de Betra, un village situé à une centaine de kilomètres de Bol. Fuyant les exactions de Boko Haram, beaucoup d’entre nous ont été tués. J’ai réussi à m’extraire et fuir. Je suis arrivé à Bol torse et pied nu, car je n’ai rien pris de chez moi. Tout a brulé.

Quelques jours après, j’ai été conduit à l’Union des artisans du Lac qui m’a accueilli à bras ouverts. Étant couturier, j’ai bénéficié d’une machine à coudre offerte par le PNUD à l’union, et puis j’ai démarré des activités. Aujourd’hui, Dieu merci, j’ai réussi à faire fructifier mon entreprise et réussi à acheter une nouvelle machine. Nous étions nombreux à bénéficier de cette aide de l'Union des artisans. La plupart des couturiers de la ville de Bol en font maintenant partie. » Mahamat Abdou Moussa, 32 ans.

356 jeunes, dont 55% jeunes femmes et 45 retournés/victimes de Boko Haram ont été directement recrutés dans le cadre de l’initiative « Cash for Work » sur les 2 chantiers des centres et les travaux d’assainissement des villes (Bol, Bagassola, Liwa et Mani). À travers ce projet, le PNUD a construit deux centres multifonctionnels à Mani et a Bol pour les jeunes, les femmes et les hommes.

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