MISSION CONJOINTE DE SUPERVISION DU PROJET DE REHABILITATION ET DE RESTAURATION DES ECOSYSTEMES DU LAC TCHAD

22 mai 2018

Du 9 au 11 Mai 2018, la Secrétaire Générale Adjointe, représentant le Ministre de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche, Madame Sadié Ousmane Daba, l’Ambassadeur de la France au Tchad, Monsieur Philippe Lacoste et la Directrice Pays du PNUD, Madame Carol Flore-Smereczniak ont effectué à Méléa et Baga-Sola, deux des quatre sites (les autres étant Liwa et Tataferom) du Projet Réhabilitation et de Restauration des Ecosystèmes du Lac Tchad, une visite de supervision des activités.

Ce projet stratégique de lutte contre la désertification élaboré par le Tchad, est soutenu financièrement à hauteur d’environ 1,8 millions de dollars américains par le gouvernement français avec l’appui technique et opérationnel du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Cette phase pilote est d’une durée de deux ans. Il est focalisé sur le reboisement communautaire. Sa finalité est de restaurer le couvert forestier dégradé de la zone géographique d’intervention sur une superficie de 4000 ha, en utilisant une approche communautaire basée sur la participation active des entités humaines et institutionnelles clés, notamment les femmes et les jeunes. Il contribuera à créer des opportunités d'emplois sur la base d'activités rémunératrices en faveur des communautés concernées dans la recherche de solutions durables, aptes à satisfaire en grande partie les besoins en matière de reboisement combinée à l’agroforesterie et aux activités socioéconomiques génératrices de revenus.

En cette phase pilote, il était important pour les parties prenantes (Ministère de l’Environnement, de l’Eau et de la pêche-Ambassade de France-PNUD) d’effectuer une visite conjointe de terrain, pour apprécier l’état d’avancement de la mise en œuvre des activités en appréciant de visu les premiers résultats obtenus, échanger avec les bénéficiaires notamment les femmes, les jeunes et surtout identifier les éventuels dysfonctionnements et contraintes pour y apporter si nécessaire des solutions ou des mesures correctives.

Sitôt arrivée à Bol, le 9 Mai 2018, la mission accompagnée du Conseiller à la Sécurité du Gouverneur de la région du Lac ainsi que des autorités administratives et militaires, s’est rendue dans la localité de Méléa, située à un peu plus d’une vingtaine de kilomètres de Bol.

Le premier acte posé ici a été la mise en terre par chacun des membres de la délégation et des acteurs sur le terrain, des plants, dont ceux devant contribuer à la stabilisation du sable comme le prosopis juliflora. Un geste certes symbolique mais plein de signification qui traduit tout l’intérêt accordé à ce projet novateur. La délégation a ensuite fait le tour du château mis en place pour faire fonctionner les activités de production sur le terrain. En présence d’une foule des grands jours, les membres de la mission ont discuté avec les bénéficiaires (filles, femmes et jeunes) pour recueillir leurs attentes et leur expliquer les enjeux de ce projet en termes de protection de l’environnement et d’opportunités à travers les Activités Génératrices de Revenus (AGR). C’est au son de la musique traditionnelle folklorique de la localité et des pas de danse que la mission a pris congé des populations de Méléa pour venir présenter ses civilités au Conseiller à la sécurité assurant l’intérim du Gouverneur de la Région du Lac et échanger avec lui sur les contours du projet de Réhabilitation et de Restauration des Ecosystèmes du Lac Tchad.

La dernière rencontre a été celle que la mission a eue avec les représentants des partenaires clés impliqués dans la mise en œuvre des activités du projets ou appelés à l’accompagner dans le développement des Activités Génératrices de Revenus (Association pour la Promotion des Filles du Grand Kanem ; Association ‘’Sauvons le Lac Tchad’’ ; Humanité Inclusion (Ex-Handicap International) et l’ONG nationale, Initiative pour le Développement Humanitaire Local). L’idée ici est de voir comment faire en sorte de que le projet puisse travailler en synergie avec les acteurs sur le terrain et ce, sur la base des avantages comparatifs et mandats de ceux-ci dans une perspective d’efficience et d’efficacité dans les interventions.

CAP SUR BAGA-SOLA

Le jeudi 10 Mai 2018, la mission s’est rendue à Baga-Sola située à un peu plus de 70 Km de Bol. Elle a été accueillie par le Préfet du département de Kaya entouré de ses proches collaborateurs à savoir les responsables administratifs, militaires et les chefs traditionnels. Une séance d’échanges sur les contours du projet ainsi que des problèmes vitaux auxquels les populations sont confrontées s’est déroulée à la résidence du préfet avant que le cortège ne s’ébranle pour le site de pépinière du projet où la mission est accueillie par une foule enthousiaste dans une atmosphère de fête populaire. Elle a fait le tour du site de production des plants (pépinière d’une capacité de 105 000 plants) puis de l’ouvrage hydraulique sous la direction l’équipe de la coordination du projet dirigée par Monsieur Agala Ahmat. Comme à Méléa, les membres de la délégation ont rencontré les bénéficiaires du projet au cours d’une conversation.

De manière globale, les problèmes récurrents présentés dans le cahier des doléances sont l’accès à l’eau potable, la scolarisation des filles, les pratiques traditionnelles freinant leur épanouissement à l’instar des mariages forcés/précoces, des difficultés d’accès aux structures socio sanitaires de base et d’accès des femmes à la terre. Ces dernières ont également insisté sur la mise à leur disposition des plants fruitiers. Par rapport à la question de l’accès à l’eau, la Secrétaire Générale Adjointe du Ministère de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche a promis que son département fera du mieux qu’il peut pour résoudre le problème parce que ‘’ l’eau c’est la vie et l’eau potable est gage d’une bonne santé’’.

L’AMBASSADEUR DE LA FRANCE AU TCHAD : ‘’LA REGION DU LAC N’EST PAS PAUVRE’’

Dans ses différentes interventions au cours de cette visite, l’Ambassadeur de France au Tchad, Monsieur Philippe Lacoste a constamment démontré que la région du Lac n’est pas pauvre au regard de ses différentes potentialités socioéconomiques. L’eau y est à fleur du sol permettant parfois une, deux voire trois récoltes par an. L’existence de multiples ouaddis et de polders sont à même de booster l’économie régionale voire nationale. Autrement, le secteur agrosylvopastoral riche et florissant peut contribuer à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. ‘’ De manière globale, l’environnement ici est certes difficile mais la source en eau est disponible et mobilisable. Il faut essayer de se battre contre l’avancée du désert mais pas uniquement avec des désherbants mais aussi avec des moyens naturels. Il existe des plantes qui sont capables de fixer les dunes de sable. Je pense que ça peut apporter beaucoup aux populations ainsi qu’aux personnes déplacées et aux réfugiés qui sont nombreux dans la région du Lac’’, a déclaré l’Ambassadeur de France qui a ajouté en substance que le projet est original et particulier du fait qu’il soit entièrement financé par le Ministère français de l’environnement et placé sous sa supervision directe pour des

raisons de redevabilité à la France ; D’où la nécessité que les partenaires techniques et financiers se mettent ensemble pour des interventions coordonnées et complémentaires, afin de couvrir tous les domaines prioritaires notamment la santé, les infrastructures routières , l’éducation, l’eau etc.

LES ENJEUX DU PROJET

Pour la Directrice Pays du PNUD, Madame Carol Flore-Smereczniak, la région du lac présente plusieurs niveaux et dimensions de fragilité. Au-delà de l’aspect humanitaire et sécuritaire, ‘’il y aussi beaucoup d’impact résultant des changements climatiques ainsi que des déficits de développement. Et donc le projet de Réhabilitation et de Restauration des Ecosystèmes du Lac Tchad vient contribuer à relever un tant soit peu certains de ces défis à travers trois axes : le reboisement environnemental ; tout ce qui touche l’énergie renouvelable et l’accompagnement socio-économique des populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les jeunes’’.

D’où l’attention particulière du PNUD portée vers les résultats de ce projet pilote afin d’en faire une mise à l’échelle, au regard de l’étendue de la région et de la pression croissante   sur les ressources naturelles du fait de l’afflux massif des personnes dans la zone, en quête de moyens de subsistance.

PASSER A L'ECHELLE

Du côté du Ministère de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche, la Secrétaire Générale Adjointe, Madame Sadié Ousmane Daba estime que ‘’le projet est bien apprécié parce qu’il se situe en grande ligne du Programme de Développement du Gouvernement en ce qui concerne le volet protection de l’environnement. Nonobstant, le contexte difficile d’insécurité, la synergie des actions du bailleurs de fonds qu’est la France, du Gouvernement et du PNUD ont permis d’engager la mise en œuvre des activités qui contribueront à l’amélioration des conditions de vie des populations’’. C’est pourquoi, elle a adressé une recommandation expresse à l’Ambassadeur de France de faire un plaidoyer pour la mobilisation des ressources additionnelles aussi bien auprès du gouvernement français, qu’auprès d’autres partenaires pour répondre d’une part aux attentes exprimées par les populations et passer d’autre part de la phase pilote à une phase de programme de reboisement à grande échelle du Lac.

En définitive, c’est sur une note de satisfaction exprimée de vives voix aussi bien par l’Ambassadeur de France au Tchad que par la Directrice Pays du PNUD et des mots de remerciements adressés par la représentante du Ministre de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche qu’a pris fin cette première visite conjointe de supervision du projet de Réhabilitation et de Restauration des Ecosystèmes du Lac Tchad. Les deux personnalités ont émis fortement le vœu que les populations s’approprient ce projet qui judicieusement mis en œuvre contribuera au développement de la région du Lac.

 

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