Tchad : union sacrée contre le paludisme

13 juil. 2017

Les autorités religieuses se mobilisent et enjoignent leurs fidèles à suivre 10 Règles d’or pour lutter contre le paludisme

Les représentants de la communauté musulmane, de l’église catholique et des églises protestantes du Tchad se sont solennellement engagés à prendre part à la campagne contre le paludisme par une sensibilisation massive de leurs fidèles lors d’une rencontre œcuménique organisée par le Ministère de la Santé publique et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) le 17 mai 2017.

 Cette rencontre qui s’est tenue dans l’amphithéâtre de la grande mosquée de N’Djamena fut l’occasion pour le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) et le PNUD d’organiser la formation de 180 dignitaires religieux venus afin qu’ils deviennent le fer de lance d’un changement de comportement au sein de la population tchadienne dans la lutte contre le paludisme. 

 Le PNUD appuie les efforts nationaux de lutte contre le paludisme au Tchad en assurant la mise en œuvre de la subvention du Fonds mondial contre cette pandémie. Cet appui permet notamment de mettre à la disposition de la population près de 8 millions de moustiquaires ; une prophylaxie pour 500 000 enfants et 500 000 femmes enceintes ; 3 millions de tests de diagnostic rapide ; et 4 millions de traitements curatifs à base d’artémisinine.

 La sensibilisation des tchadiens demeure cependant un défi. L’amélioration de l’accès aux moyens de prévention et de traitement disponibles requiert un changement de comportement face à la maladie, qui reste la première cause de morbidité et de mortalité dans le pays.  Selon les statistiques nationales, plus de 1 500 000 cas et 1 500 décès imputables au paludisme ont été enregistrés en 2016.  Lors de consultations préalables avec la société civile organisées par le PNUD, les religions sont apparues comme le meilleur vecteur pour faire prendre conscience à l’ensemble des tchadiens de la nécessité de se protéger contre ce fléau.

 « L’engagement des autorités religieuses constitue un socle dans la lutte contre le paludisme, vu leur influence dans la société tchadienne » a déclaré Monsieur Zenal-Abdine 1er vice-président du Haut Conseil national de coordination pour l’accès au Fonds Mondial lors du lancement de l’initiative

Le rôle des autorités religieuses vise essentiellement à dissiper les préjugés ; condamner les comportements néfastes et amener les tchadiens à dormir régulièrement sous moustiquaire.  La population sera également invitée à se mobiliser pour bénéficier des autres outils de prévention du paludisme comme le traitement préventif intermittent des femmes enceintes et la chimio-prévention saisonnière du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans pendant la saison des pluies.  Les malades sont également appelés à se rendre sans délai à l'un des 1400 centres de soin public du pays pour y bénéficier d’un diagnostic et d’un traitement gratuits.

« Nous estimons que cette initiative des leaders religieux constitue un vecteur déterminant pour atteindre la population et enfin changer les comportements face au paludisme », a déclaré Carol Flore-Smereczniak, Directrice du Bureau de pays du PNUD au Tchad.

Pour prêcher la bonne parole, les responsables religieux bénéficieront d’outils de sensibilisation novateurs préparés spécialement par le PNLP et le PNUD dont, entre autres, une fiche d’information sur le paludisme ; d’un guide de sensibilisation ; ainsi que des 10 Règles d’Or contre le paludisme, conçues par analogie aux Dix Commandements. Ces 10 Règles d’or résument les principes essentiels à respecter pour lutter efficacement contre le paludisme.  30 000 exemplaires de ces outils en langues arabe et française ont été remis pour dissémination à l’ensemble des imams, prêtres, pasteurs et autres responsables religieux du pays afin de faciliter leur œuvre de sensibilisation.

L’objectif du Gouvernement tchadien, avec l’appui du PNUD et du Fonds mondial, est de réduire de moitié la morbidité et la mortalité imputables au paludisme d’ici 2018, par rapport à son niveau de 2013, et d’éradiquer cette pandémie à l’horizon 2030.