La diaspora, un acteur clé en appui au système de santé au Tchad.

07 févr. 2014

imageDr Angèle Tambaye en consultation à l'HME. Credits : M.Agrei/OIM

Un an après l’arrivée des premiers experts de la diaspora tchadienne, le projet Tokten/MIDA (link) a reçu une ultime experte avant que le projet n’entre dans une nouvelle phase. Mme Angèle S.Tambaye est gynécologue, déployée à l’hôpital de la mère et de l’enfant (HME) à N’Djaména, elle raconte son parcours et son intégration à l’équipe de l’HME.

« J’ai fait mes études au Cameroun, en Centrafrique, au Benin puis en France. J’ai finalement fini ma spécialité en Martinique, où j’ai commencé à pratiquer en 2004. Avant de partir, j’ai travaillé un an à l’hôpital de la Liberté à N’Djamena. En ce temps, les moyens n’étaient pas les mêmes, aujourd’hui je sens qu’il y a une volonté d’améliorer la santé, du coup l’adaptation a été assez facile, même au niveau des équipements, je connais le matériel utilisé ici. »
A l’HME, on pratique en moyenne entre 25 et 30 accouchements par jour. En termes de personnels, 80 sages-femmes, 8 pédiatres, 6 gynécologues et 1 anesthésiste, entre autres,  travaillent d’arrache-pied sans que cela ne soit toujours suffisant. En 2013, par le biais du projet MIDA, l’HME a bénéficié de l’appui d’un anesthésiste, d’un pédiatre puis de Mme S.Tambaye.

Nous rencontrons alors le Dr. Anicet, lui-même gynécologue, et Directeur General Adjoint de l’hôpital de la Mère et de l’Enfant qui relève pour nous quelques-uns des défis auxquels l’hôpital fait face: « Il faut décongestionner l’hôpital, en pédiatrie 49% des cas relèvent de pathologies simples (paludisme, diarrhée). Nous avons seulement 10 lits en urgence pédiatrique sur lesquels nous sommes parfois obligés de mettre deux enfants. Une des priorités, c’est de renforcer les structures de base, c’est-à-dire les centres de santé périphériques à N’Djaména et dans tout le pays. »

Pendant sa mission, Mme Angèle S.Tambaye a pu former les techniciens supérieurs en imagerie de l’hôpital en échographie obstétricale afin qu’ils puissent mieux dépister les malformations. Makoui Aboubakar Makaoui est technicien supérieur en imagerie, un jeune homme motivé et ravi de la mission de la gynécologue: « Elle nous a aidé dans l’interprétation des résultats, elle a pris le temps de nous expliquer, sur les diagnostics des kystes par exemple, elle m’a appris à distinguer les différences, elle m’a conseillé dans l’accueil et la manière d’aborder les patientes aussi. »

La gynécologue ajoute alors: «J’ai essayé de montrer l’importance de l’échographie de dépistage et je leur ai aussi fait comprendre que le dialogue avec les patientes est capital, la prévention est primordiale dans les soins néonataux. Il faut plus de sensibilisation, il faut parler aux femmes et aux hommes pour changer les pratiques.»

Le Directeur Général Adjoint met enfin l’accent sur le rôle que les tchadiens de l’extérieur ont à jouer dans le développement de leur pays d’origine: «Les tchadiens de la diaspora doivent se poser cette question: comment je peux participer à  améliorer le système de santé de mon pays ? S’ils viennent c’est avec ce cœur-là, c’est vraiment un plus pour l’hôpital parce qu’ils répondent à un besoin réel. C’est pour ça que notre espoir c’est que cette excellente initiative perdure.»