Plus de huit milliards de dollars annoncés pour briser le cycle des crises au Sahel

04 nov. 2013

imageLe Sahel a souffert de nombreuses crises cycliques ces dernières années. Crédits: OCHA/P.Peron

Plus de huit milliards de dollars ont été promis par des organisations internationales et régionales pour stimuler la croissance économique du Sahel, alors qu'une mission se déroule en ce moment même sous l'égide des Nations Unies dans cette région ouest-africaine soumise, depuis des décennies, à des cycles destructeurs de pauvreté , d'insécurité alimentaire et d'instabilité.

« Les défis auxquels est confronté le Sahel ne connaissent pas de frontières et les solutions à y apporter ne devraient pas non plus. Le cycle des crises peut être rompu », a estimé lundi le Secrétaire général Ban Ki-moon à son arrivée à Bamako, au Mali, où est actuellement déployée une opération de maintien de la paix de l'ONU.

Le Sahel a connu trois graves sécheresses en moins d'une décennie. Plus de 11 millions de personnes y souffrent de la faim et cinq millions d'enfants âgés de moins de cinq ans sont exposés à des risques de malnutrition aiguë. En outre, l'instabilité politique et les changements anticonstitutionnels de gouvernements ont eu des conséquences économiques et sociales importantes dans la région et les actes de terrorisme et les réseaux de criminalité organisée portent atteinte à la stabilité de la région.

« En travaillant ensemble et en investissant dans la gouvernance, la sécurité, la résilience et la création d'opportunités pour les femmes et les jeunes, nous pouvons aider le Sahel à passer de la fragilité de la viabilité », a assuré M. Ban. « Éteindre les incendies au Sahel demeure crucial, mais nous devons également nous attaquer aux départs de feu qui embrasent les conflits et l'instabilité. »

Le Groupe de la Banque mondiale s'est engagé à consentir des investissements d'un montant de 1,5 milliard de dollars au cours des deux prochaines années, une somme qui vient s'ajouter aux programmes de pays importants déjà en place, tandis que l'Union européenne a annoncé une contribution de 6,75 milliards de dollars en faveur de six pays qui sera échelonnée au cours des sept prochaines années.

« Les habitants du Sahel ont désespérément besoin d'amélioration de leur qualité de vie et nous espérons que cette mobilisation financière contribuera à ouvrir une nouvelle voie à la croissance économique dans la région », a déclaré de son côté le Président du Groupe, Jim Yong Kim, également du voyage.

« Pendant trop longtemps, les populations du Sahel, en particulier les femmes, se sont heurtés à l'impact dévastateur d'une faible croissance et d'un manque d'opportunités économiques, à un climat rude, à la faim et au taux de mortalité maternelle et infantile le plus élevé du monde. »

Ces annonces de contribution ont été faites alors que MM. Ban et Kim entament un voyage historique au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au Tchad pour s'efforcer de répondre aux défis posés à la paix, à la sécurité et à la résilience dans la région. Il s'agit de la deuxième mission conjointe des chefs de l'ONU et de la Banque mondiale en Afrique au cours des six derniers mois.

En mai dernier, les deux hommes s'étaient en effet rendus dans les Grands Lacs pour y attirer l'attention sur la promotion de la paix et du développement. À cette occasion, M. Kim avait annoncé un milliard de dollars à l'appui de projets visant à améliorer la santé, l'éducation, la nutrition, l'accès à l'énergie et la formation professionnelle dans cette région particulièrement troublée.

Le Commissaire européen au développement, Andris Piebalgs, le Président de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, et celui de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, étaient également de ce voyage au Sahel.

Au cours des deux prochaines années, la Banque mondiale soutiendra les grandes priorités régionales de développement, notamment pour améliorer les moyens pour les populations de subvenir à leurs besoins et de se préparer aux catastrophes naturelles, les infrastructures et la création d'opportunités en milieu rural.

Le financement permettra également de financer des projets d'irrigation ou d'élevage qui pourraient bénéficier à plus de 80 millions de personnes au Sahel, l'expansion de la couverture médicale pour les femmes et les filles de la région et l'amélioration des télécommunications et de la connectivité entre pays.

Le soutien de l'Union européenne au Burkina Faso, au Mali, au Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Tchad portera sur des domaines similaires : sécurité et stabilité, développement et résilience aux crises. Sous réserve, toutefois, que le Parlement et le Conseil européens donnent leur approbation.

« Le Sahel est une priorité pour l'Union européenne où elle se mobilise tous pour répondre à une situation complexe », a déclaré M. Piebalgs. « Nous sommes déterminés à poursuivre et à renforcer notre soutien à la fois aux États et aux populations du Sahel. Notre approche est fondée sur le principe selon lequel la sécurité est une condition préalable à la croissance. »