Promouvoir des emplois décents pour la jeunesse tchadienne

18 juil. 2013

imageAu Tchad, la population en âge de travailler est estimée à 4.8 millions de personnes. Crédits: M.Bello/PNUD

Mr Toudjida Andemel est le directeur du Bureau de pays de l'OIT pour l'Afrique Centrale: «Ces dernières années, l’Afrique a connu une croissance remarquable mais c’est trop souvent une croissance sans emploi, les années passent et le nombre de chômeurs diplômés augmentent.  Il faut profiter de la dynamique de la croissance économique tchadienne afin qu’elle soit génératrice d’emplois.»
Au Tchad, la population en âge de travailler est estimée à 4.8 millions de personnes, le chômage des diplômés est en augmentation croissante et le sous-emploi reste très important en zones rurales où vivent près de 8 tchadiens sur 10. 

L’économie informelle est la deuxième pourvoyeuse d’emploi après l’agriculture.
L’objectif du nouveau projet conjoint BIT/PNUD (2013-2016) est de contribuer à la promotion d’emplois décents pour les jeunes au Tchad. Ce projet répond à une priorité nationale du gouvernement tchadien. 

Mr Andemel nous décrit comment s’est passé la formulation du projet : « On travaille avec toutes les parties prenantes y compris le patronat, les syndicats. Dans la conception, nous avons rencontrés plusieurs groupes de jeunes par l’intermédiaire du ministère de la jeunesse, les groupements seront renforcés pour leur permettre de mieux accompagner leurs membres.»


La situation de l’emploi des jeunes est aussi préoccupante du fait de l’inadéquation entre le système éducatif et les besoins du marché de l’emploi. Mr Roger Nkambu en charge du projet partage avec nous les ambitions du projet : «Les gouvernements prennent conscience de la gravité de la situation, les jeunes se sentent frustrés, abandonnés même.  On met l’accent sur l’emploi décent : c’est-à-dire que c’est un emploi qui garantit  des droits et des obligations, une couverture santé, un travail qui  permet de s’épanouir et d’entrevoir l’avenir avec optimisme.»

Le programme est centré sur le renforcement de l’employabilité et l’insertion dans l’emploi en particulier pour les jeunes, les femmes et d’autres groupes vulnérables. Le projet s’articule autour de trois composantes : La composante institutionnelle, une composante « renforcement des capacités » et un appui direct, technique et financier aux projets de développement de l’emploi émanant des acteurs locaux (formation, financement de l’entreprenariat…)

« Au niveau institutionnel, Il y a beaucoup de dispositifs, de services qui accompagnent les jeunes. L’objectif est de créer une synergie entre ces structures déjà existantes, bâtir sur l’existant et faire en sorte que cet existant soit plus efficace. Et Mr Andemel de conclure : « C’est un travail de longue haleine.  Il y a une motivation extraordinaire pour ce projet, les gens sont intéressés, les jeunes s’approprient ce processus qui se veut inclusif. Le projet a été sur la table du gouvernement. Nous voulons que le projet démarre en janvier 2014.»