Promouvoir le sociétariat féminin par le soutien aux réseaux de microfinance

Rencontre avec les femmes du village Balimba, organisées en groupement de micro-crédit

femme du groupe
une participante expliquant l'impact du micro-crédit sur son la vie de son foyer. Credits: M.Bello/PNUD

Nous partons à la rencontre des femmes du village Balimba, près de Sarh. Soutenus par La PARCEC (Promotion et Appui aux Réseaux des Coopératives  d’Epargne et de Crédits) et le PNUD, elles se sont réunies en groupement dénommé « Levons-nous et travaillons».

A retenir

  • La PARCEC est un réseau de 36 coopératives de micro-crédits au Tchad
  • Le réseau compte 33000 membres dont 8756 femmes
  • Programme pour la promotion du sociétariat féminin: plus de 4000 femmes participent
  • Soutien du PNUD : réception de motos, nouveaux bâtiments, formations et soutien technique (logiciel)

Une participante nous explique ce que le projet lui a apporté : « Avec notre petit capital, nos activités n’apportaient pas beaucoup, comme c’est notre propre argent, on ne le gérait pas de la même manière et on dépensait beaucoup. Maintenant, on ne dort plus, le microcrédit nous a motivées et on fait beaucoup plus d’efforts.»

La PARCEC est un réseau de 36 coopératives de micro-crédits au Tchad.  Le réseau compte 33000 membres dont 8756 femmes (31.12.12). Clarisse Neloum travaille avec la PARCEC depuis 7 ans. «  la PARCEC a mis en place un  Programme de Crédit et Epargne et Education (PCEE) pour promouvoir le sociétariat féminin.  185 associations et plus de 4000 femmes nous ont déjà rejoint en 6 mois, le programme est victime de son succès ».

Ce programme diffère des méthodes classiques : « Ce sont des femmes qui se connaissent, elles ont accès au crédit et épargnent  tout au long de la période à l’inverse du crédit classique où l’épargne est un préalable. C’est une particularité pour les femmes démunies mais qui excellent dans leurs activités avec des petits capitaux, ça permet aussi de promouvoir le sociétariat féminin», rajoute Mme Neloum.

En plus, les bénéficiaires ont eu de nombreuses formations sur la gestion du crédit et sur d’autres thèmes aussi.  « On a appris à faire la différence entre une bonne et une mauvaise dette. La bonne dette, c’est celle qui nous tire vers le haut et nous permet d’avoir assez pour vivre, épargner et améliorer notre condition.» C’est ce que nous explique Florence une participante qui semble vraiment motivée par le projet : « j’ai ouvert un petit commerce au lieu d’aller toujours en brousse. Ma santé et celle de mes enfants se sont améliorées car on mange mieux. C’est une nette satisfaction et physiquement je me repose»

« Moi j’ai une cafétéria, maintenant, dès que le coq chante, je me lève et je vais faire mes achats. J’espère que ce programme va nous aider à prospérer ». Les activités génératrices de revenus exercées par ces bénéficiaires vont de la transformation de produits locaux à la production d’huile de karité en passant par la vente de poisson et de céréales. « Maintenant je peux me permettre d’acheter des médicaments lorsque moi ou mes enfants attrapons le paludisme », enchaine une autre participante.  

L’objectif du PNUD dans ce partenariat avec la PARCEC est de faciliter l’accès aux pauvres à des services financiers adaptés.  De retour à Sarh nous rencontrons Allaramadji Natoita, directeur adjoint de la PARCEC à Sarh : « Notre demande d’appui a porté sur différentes préoccupations auxquelles le projet PAFIT (Programme d’Appui à la finance Inclusive) du PNUD a répondu.

Le projet démarre à peine mais nous allons bénéficier de l’audit et du paramétrage de notre logiciel de gestion, de la réception de motos pour aller sur le terrain, de la construction de nouveaux bâtiments, nous avons eu des formations en tant qu’établissement de microfinance.  Il serait encore prématuré d’apprécier l’impact de l’appui du PAFIT, puisque notre partenariat commence juste, mais nous voyons l’avenir avec un œil positif, cet appui va avoir beaucoup d’impact et sur notre efficacité au niveau du PARCEC et indirectement pour nos bénéficiaires. »