Le karité nourrit les familles dans la région du Mandoul

Les revenus du karité permettent aux femmes d’améliorer leurs conditions de vie

les femmes de localité de Matekaga, souriantes
les femmes de localité de Matekaga, souriantes. Crédits: M.Bello/PNUD

Nous sommes à Matekaga, une petite localité  à 25  km de Koumra sur la route de Goundi dans la région du Mandoul.  Des femmes transforment  le karité, en en chantant et rythmant. On sent la solidarité et le courage de ces femmes dans cette démonstration de fabrication d’huile de karité à laquelle nous avons assistée.  

 

Thérèse Djoita, une femme timide mais courageuse s’est entretenu avec nous : « Je viens d’un autre village du nom  Kolda et je fais partie du groupe 3 de notre unité. J’ai 10 enfants et mon mari est, malheureusement, aveugle maintenant. C’est à travers l’église qu’on nous a proposé de nous regrouper pour travailler le karité. »

 

Organisées en union des groupements pour la promotion du karité par le projet « opportunités économiques en faveur de femmes financé par le PNUD, les femmes de Matekaga récoltent les fruits du karité selon des méthodes traditionnelles. Elles broient ensuite les noix pour en extraire  le précieux beurre qui est vendu sur les marchés locaux. Ce beurre  comestible  sert aussi en cosmétique. Les groupes se sont, d’ailleurs, lancés dans la fabrication du savon.  

 

Madame Djoita nous explique la différence apportée par le projet : « Je travaillais le karité avant, mais on faisait  de façon traditionnelle, c’est une huile de mauvaise qualité pour la cuisson. Celle qu’on fait aujourd’hui est idéale.  Elle ajoute, «  Beaucoup de choses ont changé dans ma vie aujourd’hui grâce à cette nouvelle activité. J’ai pu inscrire mes enfants à l’école et  on se nourrit mieux dans la famille. Le karité me permet d’avoir un revenu plus régulier grâce à l’huile qu’on transforme et qu’on vend au marché»

 

Bien qu'elles travaillent souvent plus que les hommes dans les champs, la plupart des femmes de la région n'ont pourtant pas accès à la propriété de la terre. Cependant, les revenus extraits du fruit du karité leur permettent d’améliorer leurs conditions de vie et celle de leur foyer. Connu pour ses vertus thérapeutiques naturelles, le beurre de karité est un produit de plus en plus prisé.

 

C’est ainsi que le PNUD a apporté son support financier, matériel et technique aux  femmes des  communautés du Mandoul. Les femmes de Matekaga ont vraiment tiré profit de ce projet, les obstacles proviennent surtout de la maintenance du matériel et des débouchés de commercialisation. Elles produisent assez de produits de qualité mais manquent de clients pour écouler leurs stocks.

 

Clémentine Mamadi est mère de 8 enfants et veuve  résidant  à Matekaga. Elle nous raconte comment elle a rejoint l’initiative : « Au moment où le projet du PNUD a commencé,  j’espérais vraiment être formée pour pouvoir améliorer ce que je faisais et le résultat est vraiment positif dans ma vie familiale. Nous arrivons à nous soigner et je vends mes produits jusqu‘à Ndjamena. Depuis, j’ai envoyé mes enfants à l’école, mon benjamin a eu son bac cette année. Grâce au karité, j’ai eu l’argent pour éduquer mes enfants.  J’espère qu’un jour ils reviendront s’occuper de moi, maintenant, je suis toute seule dans les champs. »

 

Nous en sommes au stade de la cuisson, après un lourd effort mais qui s’est passé dans la joie et la bonne humeur, Madame Mamadi conclut : « On s’entend bien dans nos groupes, on s’affirme grâce au karité.  Le problème ce sont les débouchés, et trouver à qui vendre plus et en plus grande quantité. On veut aller plus loin. »