Protéger les ressources du Parc National de Manda

Trouver des solutions alternatives pour les populations tout en conservant leur environnement

jeunes en formation menuiserie
Les jeunes du village de Manda ont de nouvelles perspectives pour leur avenir. Crédits: M.Bello/PNUD

Le Parc national de Manda (PNM), situé dans le sud-est du Tchad (classé Parc national en 1965) constitue l’un des derniers refuges de la faune et de la flore sauvage au Moyen-Chari.  La faune sauvage continue de se remettre lentement d’une période marquée par un braconnage extrême durant la guerre civile tchadienne de la fin des années 1970 et du début des années 1980.  Ce relèvement est menacé par des perturbations notamment les activités de braconnage et de pâturage sauvage.


Le projet Conservation et Utilisation Durable de la Biodiversité  soutenu par le PNUD est conçu pour garantir la conservation et l’utilisation durable du Parc National de Manda et de son environnement immédiat.  C’est ainsi que le village de Manda, en bordure direct du parc a décidé de lancer la formation de 32 jeunes du village en menuiserie et maçonnerie afin de créer une activité de substitution pour ces jeunes vivant dans la pauvreté.   

A retenir

  • Ce projet du PNUD allie protection de l’environnement et réduction de la pauvreté.
  • Formation de 32 jeunes du village en menuiserie et maçonnerie


Jacobei Saria est le formateur en menuiserie, il nous raconte la genèse du projet : « Le besoin de formation a été exprimé par les jeunes mêmes de la communauté dont beaucoup ont quitté l’école tôt. Ils n’ont pas d’autres activités que les travaux champêtres et la terre n’est pas trop fertile, en raison de son exploitation. L’apprentissage porte sur la menuiserie, la menuiserie du bâtiment, les coffrages, l’ébénisterie et la charpente. Certains apprenants souhaitent éventuellement s’installer à leur compte ou travailler pour les membres de leurs communautés. »


Dans cette optique, l’exploitation du bois présent dans le parc, et notamment des bois rares, est une menace persistante contre laquelle cette initiative espère lutter en créant d’autres opportunités pour les jeunes. L’interdiction d’accès au parc constitue un défi pour les populations environnantes, privées de certaines ressources.   


« Comme ils n’ont pas de bois pour faire la pratique, j’ai récupéré les tables et les bancs cassés de l’école. Ils ont fabriqué 10 tables et 7 bancs de cuisine qu’ils ont vendus au marché. Avec les bénéfices, nous avons commandé du bois et d’autres. Maintenant, ils fonctionnent presque de manière autonome ». explique le formateur.


Le projet Conservation et Utilisation Durable de la Biodiversité espère initier un changement à long terme dans les pratiques et assurer la conservation et l’utilisation durable du PNM. Cette formation, à l’initiative des communautés est une illustration de cet engagement du PNUD alliant protection de l’environnement et réduction de la pauvreté.


Dimdje Nadjirissengar est un jeune apprenant la maçonnerie, il  est cultivateur de riz, d’arachide et de mil. « Je me suis inscrit pour diversifier mes activités, le monde est en train d’évoluer, rester sur une même activité, ce n’est pas suffisant. Je viens pour avoir de nouvelles compétences. On a déjà construit deux maisons à Mabrouka. On a monté les murs et on a beaucoup apprécié notre travail. Quand on voit qu’on crée de belles choses alors on met encore plus de cœur à l’ouvrage. »