Le projet Manda apprend aux bénéficiaires à mieux gérer l’environnement

photo forêt
une partie du parc de Manda. Crédit PNUD Chad 2014

Gendarme à la retraite, M. NDedjikor Bernard est chef de canton de Dembo, un des cantons situés sur le continuum écologique du Parc National de Manda Il a toujours régné sur sa circonscription sans pour autant savoir que sa circonscription regorgeait de ressources naturelles importantes. Depuis que le projet « Conservation et utilisation Durable de la Biodiversité dans le Moyen-Chari a décidé d’étendre ses activités sut le continuum écologique du Parc de Manda, M. Bernard, membre devenu membre du Comité Départemental pour la gestion des Ressources Naturelles dans le Bahr Sara.  Avec l’appui du projet, M Bernard, à l’instar de ses collègues du comité, a pris part à des sessions de formation dans le cadre de la sensibilisation sur la protection de l’environnement.
Avant, je ne savais pas que la pêche se faisait selon des normes internationales. C’est l’appui du projet qui m’a permis de savoir qu’il existe des filets à mailles prohibées. Avec ces filets, les fretins poissons sont pris il ne peut avoir de reproduction. Depuis lors, je surveille pour que mes administrés n’utilisent que des filets à grosses mailles.
Je ne savais, non plus qu’il n’existe pas de taxe sur le miel. Les agents des eaux et Forêts nous rançonnaient à chaque fois qu’on récoltait le miel. Aujourd’hui, je peux discuter avec eux en utilisant des arguments développés par le projet pour justifier mes propos.
Le projet a mis l’accent sur la vulgarisation de la Loi 14 portant régime des Forêts, de la Faune et des Ressources Halieutiques et de deux décrets dont l’un fixant les modalités de gestion du domaine forestier et l’autre les modalités d’application du régime de faune. Suite à cette campagne de sensibilisation, M. Bernard est mieux éclairé. « Je ne savais pas que l’Etat est propriétaire des terres. Pour moi, la terre est un don de Dieu. Maintenant, c’est clair dans ma tête et je ne peux plus confondre les prérogatives », a-t-il ajouté. Il en est de même pour la coupe des arbres pour le bois de chauffe. Depuis que le projet nous a dit qu’on ne doit pas couper des arbres de peur d’une déforestation, je ne prélève que les bois morts comme combustible. J’ai retenu une fois pour toutes qu’on doit gérer les ressources naturelles tout en pensant aux générations futures, conclut le Chef de Canton de Dembo.
Dans la sous-préfecture de Bedaya, le projet a appris aux bénéficiaires la mise en défens de quatre plans d’eau qui étaient auparavant exploités sans aucune planification. Depuis trois ans, reconnaît le Secrétaire général du Comité pour la gestion des ressources naturelles, M. NGuetolabaye Serge, de 40 000 FCFA, les recettes sont passées à 500 000 FCFA. Le jour de la pêche, le poisson se vend au-delà de Bedaya, jusqu’à Doba (région du Logone Oriental) et Moundou (Logone Occidental). Nous avons ouvert un compte d’épargne au Projet d’Appui aux Réseaux des Coopératives d’Epargne et de Crédit (PARCEC).
Si l’appui du projet avait débuté depuis plus de cinq ans, nous aurons, avec les bénéfices réalisés,  construit des écoles et des forages communautaires pour le bien de nos populations, renchérit M NGuetolabaye avant de conclure que le comité de gestion des ressources naturelles, entend, avec l’accord des chefs de terre, mettre aussi en défens les autres plans d’eau de la zone.