Les Scouts du Tchad luttent contre la déforestation

Les jeunes de Moundou fabriquent des briques stabilisées
Fabrication de briques stabilisées à Moundou (M. Bello/PNUD)

Moundou, deuxième ville du pays,  compte plus de 200 000 habitants, une population toujours grandissante avec une forte proportion de jeunes. A Moundou, et   généralement au  Tchad, la majorité des maisons sont en briques cuites. Un habitat fragile pour plusieurs raisons comme  nous l’explique Mr Albert Koumdé,  Président de l’Association des Scouts du Tchad (AST): «Les briques cuites que les habitants utilisent ne sont pas vraiment fiables ou résistantes, surtout après la saison des pluies. Dans ces maisons, il y a des fissures, ou même certaines  s’écroulent ».  


Partant de ce constat, l’AST a initié une action alliant environnement et formation des jeunes.  Le projet a commencé par une rencontre avec l’association des scouts belges : « ils nous ont envoyé  un professionnel en maçonnerie et en briques stabilisées et la machine pour faire les briques. Le volontaire a formé 350 jeunes. Certains sont devenus maçons ou ont ouvert des ateliers », annonce-il fièrement.  

A retenir

  • 40 jeunes formés ont fabriqué environ 20 000 briques écologiques».


Mahamat Brahim est un jeune de 17 ans formé à la fabrication des briques en terre stabilisées.  « Je vis dans un quartier et je suis dans le même lycée que certains scouts, c’est comme ça que j’ai  connu l’organisation. Ça fait quelques mois que je viens ici. Je rentre en seconde cette année, cela m’aide un peu pour mes études », nous confie-il.
La cuisson des briques contribue sensiblement à la déforestation à cause de la quantité importante de bois de chauffe et de charbon de bois  utilisés. Au niveau écologique, faire cuire 100. 000 briques cuites représente une coupure de 12 m3 de bois pour 3 maisons simples. Pour autant convaincre les populations n’est pas une mince affaire : « A court terme, c’est moins cher pour eux, une brique cuite coute 50 francs, nos briques coutent entre 250 et 300 francs selon le prix du ciment. Mais nous essayons de faire connaitre notre projet et de montrer qu’il est plus durable pour l’habitat et l’environnement d’utiliser les briques stabilisées », plaide le président de l’AST.
Mahamat Brahim nous décrit le processus de fabrication, alors que ses camardes fabriquent les briques devant nous avec une dextérité remarquable. «  On tamise la terre ici d’abord, pour que la terre soit plus molle, puis on tourne avec du ciment et un peu d’eau. On met le mélange dans la machine qui compresse à 15 tonnes. On ressort la brique, on la dépose et on la laisser durcir. La brique est composée de  10% de ciment et 90% de terre. Il termine : « c’est assez délicat car il faut la porter et la déposer lentement. »


Le partenariat avec le PNUD/FEM a capitalisé sur les acquis de l’AST pour finalement commencer en octobre 2012 avec une subvention de 20 000$ :  « on a acheté du ciment, de la latérite et du matériel de travail. Depuis, on a fabriqué environ 20 000 briques. Nos clients sont les églises, les paroisses pour l’instant. Dans nos démarches  régulières  avec  le’administration et  les entreprises privées, nous avons un  projet de construire un rond-point avec la mairie.   Cela va nous donner de la visibilité », explique Mr Koumdé.


 L’AST ne compte  pas s’arrêter en si bon chemin, tel que nous le montre Mr Koumdé: Avec le projet du PNUD on a formé 40 jeunes, des scouts et des non scout., Dans la formation, il y a une sensibilisation sur l’environnement. A terme, on espère ouvrir une pépinière avec la deuxième partie du projet. On voudrait planter des arbres fruitiers (acacias, limiers, manguiers) pour créer une activité, générer des revenus et rendre la ville plus verte.