La dégradation des écosystèmes et de la biodiversité demeure croissante et revêt de nombreux aspects : disparition progressive de la végétation, dégradation des sols, avancée progressive du désert (à une vitesse de 3 km/an), tarissement voire assèchement des cours d’eau et lacs, variation du niveau de la nappe phréatique, perturbation des cycles de saisons et disparition de certaines espèces animales et végétales. Ces trente dernières années, le pays a subi une sécheresse persistante qui a accéléré la désertification et réduit les zones agro-pastorales. Les pressions anthropiques et les pratiques culturales inadaptées ont entraîné une extension des zones de pâturage vers le Sud, au détriment de terroirs agricoles créant des conflits entre agriculteurs et éleveurs. A ce phénomène s’ajoutent les modes d’exploitation inappropriés (feux de brousses, ramassage incontrôlé de bois de feu, intensification de la pêche et du braconnage).
Le bilan énergétique est caractérisé par une forte consommation des combustibles ligneux (bois ; charbon) représentant 90% de la consommation totale de l’énergie du Tchad. Par contre, les énergies conventionnelles (produits pétroliers et électricité) sont peu développées et ne représentent que 10 % de la consommation nationale. En l’espace d’une décennie (1993-2002), la consommation énergétique finale du pays est passée de 200 kep par habitant à 240 kep en 2002 . Elle serait passée à 292 kep en 2005, soit une augmentation de 21,6% avec un taux d’accessibilité de 40%.
La consommation du gaz au niveau national est passée de 69t en 1999 à 367t en 2004. Le nombre des ménages équipés en réchaud à gaz est de 11 000 dont 90% à N’Djaména.
Il est possible de renverser la tendance à la dégradation de l’environnement dont le taux est de 0,8 % par an, en prenant des mesures politiques, économiques, et sociales capables d’améliorer les conditions de vie des couches les plus touchées par la pauvreté. Ainsi, à travers les programmes nationaux gaz, Solaire (PNS) et d’électrification rurale, le Gouvernement tente de réduire la consommation du bois tout en promouvant d’autres sources d’énergie.
La volonté politique de prendre en charge la préoccupation environnementale apparaît de façon très nette dans les textes de la consultation sectorielle sur le développement rural en juin 1999. Il est retenu que la gestion et la valorisation des ressources naturelles, gage d’une production durable doivent etre menées dans un cadre concerté et s’articuler autour des objectifs suivants :
- Assurer la durabilité de l’accès des populations aux ressources naturelles ;
- Conserver et protéger les ressources naturelles ;
- Lutter contre la désertification ;
- Promouvoir une gestion et une exploitation rationnelles des ressources naturelles ;
- Faire participer les utilisateurs des ressources au coût de préservation et de remplacement après destruction.
Le Gouvernement a élaboré et adopté le Plan National d’Action pour l’Environnement (PNAE) en 2002. Ce plan a abouti au Programme de Gestion Communautaire des Ecosystèmes qui se fixe comme objectifs : (i) d’assurer la gestion intégrée des principaux écosystèmes fragiles du pays en habilitant les communautés à mieux combattre la désertification et à protéger la biodiversité, (ii) d’améliorer les conditions de vie des populations (iii) de renforcer les capacités accrues des communautés à l’auto organisation et à l’auto définition, (iv) de préserver les écosystèmes et la biodiversité.
Le Programme d’Action National de Lutte Contre la Désertification est mis en œuvre et couvre l’ensemble du territoire national. Ce Programme a pour objectifs de : (i) protéger, restaurer et mettre en valeur des potentiels productifs et (ii) renforcer les capacités nationales en matière de lutte contre la désertification. Dans le domaine des réglementations visant à restaurer et préserver l’environnement, le Tchad est partie prenante de l’Agenda 21 issue de la Conférence de Rio (1992 sur l’Environnement le Développement. Toujours en matière de réglementation, le Tchad a signé et ratifié plusieurs Conventions parmi lesquelles les trois conventions sur les changements climatiques, la biodiversité et la désertification, et la Convention de Bamako de 1991.
Dans le cadre du suivi des effets environnementaux du Projet pétrole, le Gouvernement a mis en place un Comité Technique National chargé de suivi et du Contrôle des Aspects environnementaux des projets pétroliers (CTNSC). Le programme du CTNSC qui intervient sur le site pétrolier de Doba vient en appui autres programmes mis en place comme la gestion durable ; le programme de l’hydraulique ; le programme pêche ; la stratégie nationale de gestion des déchets et la conservation de la biodiversité.
Au Tchad, la proportion de la population disposant en permanence d’eau potable en milieu rural en 2000, est de 17% et celle de la population appliquant les mesures d’hygiène du milieu est de 7%. Dans les villes équipées d’un réseau d’adduction d’eau potable (AEP) seulement 9,7% de la population disposent d’un branchement tandis que 27,5% se ravitaillent à la fontaine publique et 63% s’approvisionnent aux puits souvent traditionnels.
Les personnes pauvres sont les plus vulnérables aux maladies liées à de mauvaises conditions de vie, d’accès à l’eau et d’assainissement. Le temps nécessaire à la corvée d’eau des femmes et de jeunes filles des villages est estimé à des heures dans la journée pour les zones de socle. Il contribue ainsi à les priver de droit à l’éducation et à les empêcher d’acquérir de formation leur permettant de s’investir dans les activités valorisantes.
La politique du Gouvernement pour l’approvisionnement en eau vise à couvrir les besoins domestiques et vitaux. Elle est un enjeu important à la fois pour contenir l’exode rural, améliorer les conditions de vie des populations rurales, développer la production agro –pastorale et également réduire la transhumance et les conflits agriculteurs et éleveurs. Le Gouvernement avec l’appui du PNUD a élaboré un Schéma Directeur de l’Eau et de l’Assainissement au Tchad (SDEA) définissant la stratégie d’approvisionnement en étroite articulation avec la stratégie globale de développement rural.
L’évolution du taux d’accessibilité reflète les efforts consentis par le Gouvernement et ses partenaires dans l’amélioration des services d’eau et d’hygiène. Si la progression annuelle actuelle qui est de 4 points en moyenne se maintient, le taux d’accessibilité à l’eau potable serait de 40% en 2005.
Le secteur de l’habitat est peu développé et souffre de certaines insuffisances liées à la désuétude des textes réglementant le foncier et le domanial (1967) et aux règles de construction (1970) dont la procédure est très longue et non appropriée par la population. Cette situation est aggravée par l’insuffisance des Cabinets d’Architectes et des géomètres et aussi et surtout des promoteurs immobiliers.
En l’absence d’institutions de financement des logements, force est de constater que l’auto – construction et l’habitat locatif sont, par excellence, du ressort du secteur informel. Il produit en moyenne 1 800 unités de logement par an. Ces habitations sont souvent construites sans avoir recours à l’assistance des professionnels et sans permis de construire. La domination de ce secteur par les non professionnels et le coût prohibitif des matériaux de construction importés expliquent l’état peu élaboré de l’habitat dont 90% sont de type traditionnel.
Pour faire face au défi de l’habitat, le Gouvernement a formulé en 1999, avec l’appui du PNUD et de l’ONU –Habitat, la Stratégie Nationale de Logement (SNL) qui vise fondamentalement l’accès à un logement décent, viable et durable ainsi qu’aux services de base pour toutes les couches sociales et particulièrement celles à revenus faibles ou intermédiaires.
Pour sa mise en œuvre, le Gouvernement, à travers le projet de Développement Urbain et d’Amélioration de l’Habitat (DURAH) envisage la viabilisation de trois zones urbaines pour produire 6 000 parcelles assainies dont 60% seront vendues aux ménages à revenus faibles ou intermédiaires. Il prévoit également une opération pilote à Goudji Hamaral Goz (Patte d’Oie), zone de 54,6 ha située à la sortie nord de N’Djaména sur laquelle 1 000 parcelles assainies seront attribuées aux couches des populations les plus vulnérables et 100 logements seront construits et mis en location- vente ainsi que l’appui à l’auto construction.
La réhabilitation de deux anciens quartiers par l’installation d’infrastructures de base et la régularisation foncière de concessions seront réalisées : une opération pilote sera menée à Farcha Madjorio à l’Ouest de N’Djaména. Enfin, il est prévu aussi la création des institutions manquant à la chaîne de production de logements pour le grand nombre. Il s’agit : (i) du Fonds de Promotion de l’Habitat (FPH) et (ii) de la Société pour la Promotion Foncière et Immobilière (SOPROFIM). Ces efforts menés à leur terme et étendus à l’ensemble du territoire contribueront sûrement à l’atteinte de la cible.
Kep : Kilo équivalent pétrole
Source :Energy Sector Management Assistant Programme -ESMAP, 1993
Source : Programme National Gaz, 2002
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